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Le blog du Lycée de Coubanao

Hommage à Lamine Kebba SONKO par El Hadj Abdoulaye SALL

13 Septembre 2010 , Rédigé par Lycée de Coubanao.over-blog.com

Lamine Kéba Sonko

  

Hommage a Lamine Kebba Sonko[1]

Non je n’attendrai pas !

Je n’attendrai pas que résonne la trompette funèbre du noir firmament !

Je n’attendrai pas que le ciel se noircisse, que la feuille tombe, que les étoiles s’éteignent !

Ni que la lune s’accouple avec le soleil pour enfanter douloureusement

Des lambeaux de ténèbres sur la terre!

Je n’attendrai pas le roulement sourd des tambours du bombolong !

Ni le chant funèbre des pleureuses du bois sacré !

Je n’attendrai pas comme le chœur,

Que la lumière s’éteigne, que les rideaux tombent

Pour chanter les louanges  d’Ulysse !

Je n’attendrai pas que les drapeaux hypocrites de la république soient en berne

Pour déposer un bouquet de fleur morte sur la stèle des combattants de la patrie !

Je n’attendrais pas qu’on se rappelle vaguement

De l’homme au turban bleu superbement enrôlé à la tête !

Car tu n’es pas de ceux-la !

Tu n’es pas de ceux que l’on couvre de draps blancs lorsqu’ils tombent dans le noir !

De ceux que l’on couvre de louanges démagogues pour une complaisance posthume !

Non tu n’es pas de cette race !

C’est pourquoi je choisis ce moment solennel

Pour te dédier ce poème,  fruit de trois saisons de communion à Koubanao

Choisis cette terre immortelle de la page blanche

Pour y planter à jamais l’image de ton histoire

Je  sais que c’est peu et j’avoue que ne me suis pas encore rassasié de ta source de simal

A laquelle je m’abreuvais à chaque entretien que j’ai avec vous

Je me rappelle je t’ai connu par votre illustre nom Lamine Kébba Sonko qui

Transcendait les frontières des Kalounayes

Ce nom dont la symbolique du chiffre sept s’inscrit au panthéon vivant du mystique et du sacré !

Ce qui ne vous empêche pas de faire de l’humilité une philosophie de vie quotidienne !

Je me rappelle, mes premiers jours à Koubanao !

Koubanao, loin de ma terre natale saint-louisienne

Symbole pour moi d’isolement et de nostalgie ! Mais je me rappelle la première fois, je vous ai rendu visite

Mes inquiétudes se sont vite dissipées, au contact de ta parole !

Parole de bienvenu, parole d’apaisement, parole de paix

Parole  qui a complètement transformé mes inquiétudes et ma nostalgie,

Telle une alchimie verbale vibratoire !

J’étais envoyé à Koubanao comme un soldat du savoir et de la vertu !

J’ai trouvé en lui, un officier de la sagesse qui a consolidé ma formation intellectuelle !

Pas cette figure galvaudée de l’intellectuel, costume-cravate-souliers

Qui préfère bureau climatisé et qui se dispute salon d’honneur des ports et aéroports !

Mais, cet intellectuel noble et chevaleresque

Intellectuel soldat, qui se dévoue infatigablement et avec désintérêt au service de sa communauté !

Car pour toi, « l’enfer n’est pas les autres »

Contrairement à la philosophie sartrienne : « l’enfer c’est de ne pas exister pour les autres » !

Quel bel élan d’humanisme ! Quelle abnégation ! Quelle générosité d’âme !

Véritable humanisme sans lequel l’humanisme n’est pas !

Car j’ai bien entendu tes réalisations d’ici et d’ailleurs !

J’ai entendu et vu ton engagement indéfectible, avec tes compagnons de route

Pour la reconstruction des Kalounayes !

Telle était le sens de ton introduction à la communication sur les devoirs de l’élève des Kalounayes face au développement de sa localité !

Pionnier de l’école, vous avez jeté les bases du savoir et de la connaissance,

Reculé les frontières de l’ignorance et de la turpitude.

Semer les graines de la justice et de la liberté !

Chemin que tu continues de tracer par ton engagement au quotidien

Par ton engagement auprès des sages, auprès des femmes

 Et surtout auprès des jeunes, car

Conscient qu’ils sont les porteurs d’espoirs et d’avenirs !

Les bâtisseurs de demain !

Il y a une expression que vous me disiez et dont je me plais à rappeler ici :

« L’homme est toujours interpellé » !

Cette belle leçon de morale à valeur de sentence, tu la vis au quotidien !

Car à chaque fois que la communauté t’interpelle, tu es debout à ses cotés!

Debout, pour écouter et parler, communiquer et dialoguer !

Debout, pour réfléchir et agir, réconcilier et harmoniser !

Debout, pour bâtir et construire non pas seulement des cités

Mais aussi, des consciences !

Debout, enfin pour apporter la lumière

Par le flambeau de la réflexion et de l’action !

Pa Sonko, comme on se plait de l’appeler ici affectueusement !

Ce nom, les jeunes des Kalounayes savent bien l’articuler

A chaque fois qu’il y a interrogation !

A chaque fois qu’il y a inquiétude !

Parce qu’ils savent que tu seras toujours

Debout pour leur apporter soutien et les galvaniser !

Ce nom là, nous nous devons aussi de l’inviter

Au banquet des honneurs et des remerciements

Pour graver ad vitam æternam son image en lettes d’or

Sur les plus belles pages de l’histoire de l’humanité !

Lamine Kébba Sonko : « A Baraka »

 

 

                                                                                                El Hadji Abdoulaye Sall [2]:



  [1]Lamine Kebba Sonko : Eminent notable de Koubanao et de la Casamance, écrivain, poète et intellectuel engagé au service de sa communauté. Il occupe actuellement le poste de conseiller chargé des questions environnementales au Conseil régional de Ziguinchor.

[2]     El Hadji Abdoulaye Sall [2]: est natif de la ville de Saint-Louis. Après avoir fait ses études supérieures  à l’université Gaston Berger de Saint-Louis où il obtint son D.E.A (Diplôme d’Etudes Approfondies), en Lettres Modernes, il est admis à l’Ecole Normale Supérieure de Dakar (actuelle F.A.S.T.E.F (Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation) d’où il sort  avec son C.A.E.S (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Secondaire) comme professeur de Français en 2006. Après trois ans de service au lycée de Koubanao, où il a connu Lamine Kébba Sonko qui est pour lui un père, un tuteur et un maître, il est affecté au lycée Charles De Gaulle de Saint-Louis. Aujourd’hui, il poursuit sa mission sacerdotale de l’enseignement et continue ses recherches universitaires en même temps qu’il s’adonne, à ses temps perdus, à l’écriture.

 

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Sidy BADJI 02/11/2010 01:21



Un sage que je prierais a ce que dieu lui donne longue vie pour continuer a nous transmettre son vécu...


Hé oui, qu'on t'aime ou pas mais moi tu me fais rêver comme on peut rêver d'une belle femme. Je me souviens que certains a Coubanao te prenait pour un fou, d'autre pour un immigrés venu
d'ailleurs au moment où tu apportés le projet de lottissement des villages et en particulier celui du village de Coubanao...


Tétue comme tu es, tu as su concre non sans le moindre mal aux populations. Et cette beauté de transformation a fait tâche d'huile un peu partout dans le Kalounaye, dans le Fogny et dans le Blouf
sur le modèle de Coubanao, donc de Lamine Kéba SONKO. Oui il faut parfois savoir rendre a Sésar ce qui lui appartient.


Soit tranquile, nous les jeunes qui en ont gardé de bons souvenirs de toi te garderons toujours en haut et lieu dans nos coeurs et des esprits pour te rendre toujours homage.


Le vieux, je sais, tu en sais beaucoup mais tu en restitues peu. S'il te plait, ne nous fait pas pleurer a l'éternité. Nous avons des outils modernes pour conserver des archives, fait-le, fait-le
maintenant devant la radio, devant les blogueurs du Lycée qui te connaissent pour la plus part peu. ILs ont un outil formidable, le net.


Encore une fois merci pour tout et tu peux être fière de toi.


Sidya DIONKON dit Sidy BADJI depuis CHERBOURG OCTEVILLE (France)