Mardi 15 mars 2 15 /03 /Mars 20:46

M. DIOUF

CONFERENCE-DEBAT animé par: 

M. Jean DIOUF Professeur MSP au Lycée de Coubanao

              

EXPOSE

 

THEME : Evolution, difficultés et bienfaits de la recherche scientifique

 

Introduction

       Monsieur le Proviseur du lycée de Coubanao, Monsieur le Censeur des études, honorables invités, chers collègues enseignants, chers élèves, l’Amicale des Personnels du Lycée de Coubanao, créée voilà déjà cinq ans, se donne comme objectif, entre autres, de rendre notre établissement plus attrayant, autrement dit, de créer les conditions pour une entreprise scolaire performante. C’est justement dans ce cadre que l’ensemble des cellules d’animation pédagogique des sciences dites exactes (maths, sciences physiques, sciences de la vie et de la terre) a décidé de tenir aujourd’hui cette conférence.

       Permettez-moi maintenant de m’adresser aux élèves en leur disant qu’il leur est certainement arrivé de se demander quelle peut être l’origine des connaissances scientifiques qui leur sont enseignées aujourd’hui. Comment, quand et par qui ont été élaborées les lois mathématiques et découvertes les lois physiques par exemple ? Il serait trop ambitieux de prétendre donner toutes les réponses à ces questions ici et maintenant. Il s’agira donc de relater sommairement les grandes étapes l’évolution de la recherche scientifique, de ressortir les difficultés qu’elle a rencontrées dans son cheminement, mais aussi et surtout, à travers ses acteurs, de mettre en exergue les aspects qui pourraient être profitables à votre formation, à votre éducation, et dire au passage, en quoi elle a pu être utile à l’humanité.

I-Evolution de la recherche scientifique

       Au préalable, il est important de noter que la science et la technique sont deux phénomènes indissociables. En effet, la technique, bien qu’étant l’application des résultats de la science, stimule cette dernière.

      Les débuts de la science et de la technique remontent au début de l’hominisation(ou sapientisation). Ce processus qui s’est effectué en Afrique avait pour mobile le déterminisme géographique. Certains pensent que la science et la technique sont nées de la lutte perpétuelle entre l’homme et la nature. C’est cette lutte perpétuelle qui perfectionne la raison et valorise les potentialités qui sommeillent en l’homme

      Les premières manifestations de la science et de la technique sont sans doute les mythes cosmogoniques expliquant l’origine du monde. Ceux-ci seraient à la base de la philosophie qui, chez les Grecs, est la mère de toutes les sciences. Le mythe n’est pas pure imagination.  Il réserve à la raison une place certes limitée : le développement de la science suppose donc que la raison prenne le dessus sur l’imagination.

      La technique a fait son premier grand pas avec l’industrie lithique de la préhistoire (âge de la pierre taillée, âge de la pierre polie). L’humanité a connu la première révolution dans le domaine de la science et de la technique pendant le Néolithique qui a vu apparaître la religion mais aussi et surtout la principale activité de subsistance en l’occurrence l’agriculture.

       La science et la technique ont rayonné par la suite en Egypte antique. Il y avait déjà une spécialisation des penseurs et des techniciens. C’est ainsi qu’on peut noter : la philosophie(ou cosmogonie), l’astronomie qui a permis l’invention du premier calendrier, la médecine avec son corollaire : la momification. L’architecture a été favorisée par les progrès réalisés en géométrie et ses chefs-d’œuvre ont été les pyramides et les somptueux temples. Le mérite égyptien a été importé par la pléthore de savants grecs puis romains qui venaient puiser à la source africaine. Avec l’antiquité gréco-romaine, la science et la technique, extraites du contexte africain, connaissent un nouveau tournant. Ce nouvel élan sera interrompu par la chute de l’empire  romain vers le Vème siècle.

       La relève sera assurée par le monde arabe où la naissance de l’Islam donne un coup de fouet à la recherche scientifique :<< Recherchez la science jusqu’en Chine>> avait dit le prophète Mohamed(PSL).

       A la veille du XVème siècle, la Renaissance permet à l’Europe de sortir de l’une des périodes les plus sombres de son histoire : le Moyen Age (du Vème au XVème siècle). L’augmentation de la population encourage les voyages mais aussi la recherche scientifique qui allait donner à l’Europe les moyens de dominer le monde.

       Au  XVIIIème siècle appelé << siècle des lumières>>, une nouvelle mentalité s’installe. Elle bouscule les dogmes religieux et fait de la raison la clef du progrès. Elle sera couronnée XIXème siècle par la révolution industrielle à l’origine de laquelle on a les découvertes et les progrès techniques. Ce développement remarquable s’explique par un contact favorable avec notamment l’appui des gouvernements et des industriels et la coopération. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’Europe prend le monopole au profit des Etats-Unis et, plus tard, au profit du Japon.

II-Acteurs de la recherche scientifique

       Il serait aberrant de parler de la recherche scientifique sans évoquer ses acteurs : les savants sont en effet au cœur de la recherche scientifique. Cependant, le temps ne nous permettrait pas de faire un exposé sur leurs travaux et sur leur vie à eux tous. C’est pourquoi nous en donneront quelques exemples qui seront pour nous des modèles dans la quête du savoir.

1-Euclide (et les bases de la géométrie)

       Euclide est un mathématicien grec qui vécut aux IVème et IIIème siècle avant Jésus Christ. Il passa une grande partie de sa vie à Alexandrie D’Egypte où il fonda une école de mathématiques. Tous les éléments de géométrie que nous apprenons aujourd’hui dans les classes primaires et secondaires sont contenus et clairement exposés dans l’œuvre d’Euclide. C’est notamment les cas d’égalité et d’inégalité des triangles, les théorèmes des droites parallèles ayant bases et hauteurs égales… On y trouve entre autres la géométrie dans l’espace, l’arithmétique avec notamment la décomposition des nombres en facteurs premiers, la recherche du PGDC et du PPMC… Il fit aussi des observations remarquables sur quelques principes de physique et sur la musique.

      Euclide qui fut un homme modeste, apprenait à ses élèves que le vrai savant ne doit pas viser des récompenses matérielles. On raconte même que le pharaon Ptolémée I se rendit un jour à l’école d’Euclide pour juger de la valeur  de son enseignement. A un moment, n’arrivant plus à suivre la démonstration, le pharaon pria Euclide de lui exposer le problème de façon plus claire et plus simple. Il aurait répondu en disant :<<Je suis désolé mais, dans ce domaine, il ne saurait y avoir d’explications particulières pour les rois>>.

2-Nicolas Copernic

      Copernic est un physicien né en 1473 à Thorn en territoire prussien. La Pologne et l’Allemagne se disputent encore l’honneur de l’avoir vu naître. En plus de ses talents de physicien, il était médecin et exerçait sa profession avec amour, sans rien demander en contrepartie

      Voici un texte relatant l’ambiance dans laquelle il quitta le monde des vivants :<<Par une belle journée de mai, en l’an 1543, Nicolas Copernic mourrait. Le ciel qu’il avait si longuement observé, étudié et aimé, était d’un bleu limpide. L’un des plus grands astronomes de l’humanité, celui qui avait découvert que la terre, loin de rester immobile, tourne sans interruption, allait quitter le monde des vivants. Un de ses amis entra dans la chambre, s’approcha de son lit et lui présenta un volume. Copernic y jeta un regard embué : c’était le premier exemplaire de son œuvre, le fruit de toute une vie d’étude et de travail. Il regarda le volume, sourit et ferma les yeux pour toujours.>>

       Cet homme modeste menait une vie calme et solitaire. Il restait des nuits entières à contempler les étoiles avec des instruments rudimentaires, inventés et construits par lui-même. Quarante durant, il médita sur les déficiences du système de Ptolémée qui consistait à dire que :<<La terre demeurait immobile au centre de l’Univers et que le soleil, les planètes et toutes les étoiles tournaient autour d’elle. >>

       L’œuvre de Copernic qu’il présenta au Pape Paul III sous le titre<<Traité sur les révolutions célestes>>, servit de base aux études de deux autres savants : Galilée et Newton. Galilée authentifia, grâce  son télescope, la théorie de Copernic, et Newton formula une des lois scientifiques des plus importantes, celle de la gravitation universelle.

2-1-Galilée

       Dénoncé comme hérétique pour ralliement au système de Copernic, dut abjurer à genoux face au tribunal de l’Inquisition, mais il ne put s’empêcher de dire tout bas en se relevant :<< Et pourtant, elle tourne>>

2-2-Isaac Newton (1642-1727)

       Il connu la gloire, et la reine Anne d’Angleterre lui accorda le titre de <<Sir>>. Il demeura cependant réservé et modeste, et face à ceux qui le louaient, il répondit :<< Je n’ai aucune perspicacité spéciale, mais seulement la possibilité de réfléchir patiemment. >>

 

 

3-Charles Linné (1707-1778)

      Il est un éminent botaniste suédois qui, dès l’âge de 15 ans, passait des journées entières enfermé dans sa chambre à observer les fleurs et les insectes qu’il avait trouvés dans son jardin. Cette passion manifeste lui valut d’être le fondateur de la botanique moderne et de mettre en place une méthode de nomenclature binaire qui offrit la possibilité classer rigoureusement le nombre immense des végétaux et des animaux. Et pourtant, il fut reçu docteur en médecine. A sa mort, le roi de Suède ordonna qu’il fût enterré dans la cathédrale d’Uppsala et lui fit élever un tombeau grandiose, en signe de reconnaissance pour le travail qu’il avait abattu.

4-Blaise Pascal

      Né en1643 à Clermont-Ferrant en France, il est le fils d’Etienne Pascal, un mathématicien de renom. Son père recevait souvent chez lui des savants et le petit Blaise assistait en cachette à quelques-unes de ces réunions. A 11 ans, il composa un court<< traité sur les sons>>. Son père, qui veut le voir s’adonner d’abord à l’étude du latin et du grec, lui cache ses livres de mathématiques ; mais un jour, en le voyant définir avec la craie sur un mur que << les trois angles d’un triangle sont égaux à deux angles droits>>, il cède et l’autorise à poursuivre ses études sur Euclide. A 16ans, le jeune Pascal écrit un << essai sur les coniques>> dont un théorème porte toujours son nom. Le manuscrit est montré à Descartes qui se refuse de croire qu’il est l’œuvre du fils et non du père.

      Surtout connu par ses œuvres littéraires, il fut un extraordinaire mathématicien et physicien. C’est à lui que l’on doit, entre autres, les lois de la pression atmosphérique, le calcul des probabilités, l’invention de la presse hydraulique et de la machine à calculer… Il mourut très jeune, à l’âge de 39ans, laissant derrière lui  les témoignages de sa prodigieuse intelligence.

III-Les difficultés de la recherche scientifique

      Le  travail éminemment brillant de ces savants s’est pourtant confronté à des difficultés. La barbarie créant l’insécurité, l’installation de la féodalité et l’acquisition livresque du savoir expliqueraient peut-être cette période sombre de l’histoire de l’Europe qu’est le Moyen Age où la recherche scientifique a connu un handicap majeur.

     Il est certain que la religion a pesé de tout son poids pour freiner le développement de la recherche scientifique, en marginalisant ses acteurs. Quand il s’était agi justement d’étudier l’anatomie de l’homme, le besoin fut de disséquer des cadavres. Les chercheurs qui s’étaient engagés à mener ces études furent accusés de profanateurs et, pour  se faire, étaient obligés de se cacher dans des cavernes pour s’adonner à leurs manipulations. De même Galilée a été contraint de renoncer au système de Copernic par le tribunal de l’Inquisition chargé de réprimer les propos supposés blasphématoires aux yeux de l’Eglise.

      Les mythes et les interdits, avec notamment les tabous sociaux, ne créaient sûrement pas un climat favorable à la science, car essentiellement basés sur l’imagination.

      Face à ces difficultés, les savants, aidés par les littéraires et les philosophes, ont fait usage de leurs plumes pour valoriser et promouvoir la recherche Scientifique.

 

IV-Les bienfaits de la recherche scientifique

       C’est un fait, le progrès scientifique et technique a transformé le monde en réalisant pour l’homme des conditions favorisant son épanouissement économique, social et culturel. Avec l’utilisation de la vapeur, de l’électricité et de l’énergie nucléaire, le travail de l’ouvrier est réduit à un contrôle de machines de plus en plus sophistiquées capables de se diriger seules et même de s’arrêter en cas de malfaçons. Ce qui a pour avantage d’accroître la productivité et de réduire la main-d’œuvre pour une même tâche à exécuter.

       L’automobile, le bateau et l’avion sont des moyens de transport garantissant la multiplicité des échanges commerciaux pour le développement du monde des affaires.

        Avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, le monde est aujourd’hui assimilé à un village planétaire. En effet, la presse écrite, la radio, la télévision et l’ordinateur étendent et resserrent les liens humains. En rendant possible la diffusion d’œuvres d’art et littéraires, l’homme peut se cultiver, ce qui était autrefois l’apanage d’une petite minorité.

       Disposant de fusées, de sondes et de navettes spatiales, l’homme se lance aujourd’hui dans la conquête de l’espace pour explorer les planètes du système solaire.

       Il est clair que la science et la technique ont considérablement œuvré au bien-être de l’homme. Il suffit de regarder autour de soi pour le constater.

       Cependant un danger le guette en permanence car il a en sa possession la bombe atomique  et la bombe à hydrogène, des moyens qui peuvent causer sa disparition. Ce qui nécessite donc qu’il soit doté d’une puissance morale pour parer à une telle éventualité.

V-Les enseignements du thème

       Il faut dire, chers élèves, que le niveau actuel que connaissent la science et la technique a été possible grâce à des hommes déterminés et empreints de courage. Il me semble alors nécessaire que l’on s’attarde sur les vertus cardinales qui les ont habitées pour s’en inspirer et en faire bon usage dans votre formation.

        La passion dont ils ont fait montre, chacun dans son domaine, a été, à coup sûr, un facteur déterminant dans ce qu’ils ont fait de grand. C’est la raison pour laquelle je vous exhorte à aimer ce que vous faîtes aujourd’hui dans les classes. Cet amour ne naîtra que par vous en poursuivant les activités de classe à la maison. C’est en multipliant les exercices de mathématiques que vous aimerez les mathématiques, c’est en lisant des œuvres littéraires que vous vous attacherez à la littérature, j’en suis convaincu car, comme le dit l’adage :<< l’appétit vient en mangeant>>. Pour alimenter cet amour dans un domaine d’activités qui vous conviendra, la curiosité comparable à celle du petit Blaise Pascal, est un élément favorable. La bibliothèque et la salle informatique du lycée sont bien indiquées pour la satisfaire. En effet, j’avoue que l’essentiel de la documentation que nous avons pu avoir pour tenir cette conférence, est dans cette bibliothèque. Cependant, mener ces activités hors classe, nécessite organisation et méthode. Pour cette raison, il me parait approprié d’aménager des emplois de temps à   cet effet. En procédant ainsi, chers élèves, la foi en vos capacités grandira et les talents qui sont en vous se feront voir.

       A ceux parmi vous qui auraient choisi de se lancer dans le domaine de la science, je voudrais spécialement attirer leur attention sur certaines vertus qui leur sont indispensables, à mon avis, bien qu’elles ne soient exclusivement propres aux scientifiques. La modestie des savants cités  tantôt, laquelle qualité je souhaite être votre, s’explique par le fait qu’ils s’aperçoivent que ce qu’ils connaissent n’est rien en comparaison de ce qu’ils ignorent. Ils butent toujours sur le mystère lors de leurs investigations. Aussi, ils se rendent compte qu’ils sont eux-mêmes peu de chose dans l’élaboration de la science. La science demeure une œuvre collective. J’en veux pour preuve l’élaboration de la loi de la gravitation universelle par Isaac Newton qui a été possible avec l’aval de Galilée et de Copernic. Par conséquent, je vous conseille à coopérer avec vos camarades dans le travail. En réalité, le travail de groupe vous pousse à mieux affiner vos opinions en vous confrontant aux autres. Il vous donne aussi l’occasion de donner, mais aussi, de recevoir des idées qui renforceront votre apprentissage. On le dit souvent :<< On a toujours quelque chose à apprendre des autres>>. Dans ce que vous ferez seul ou avec vos camarades, la patience sera pour vous une arme dans la mesure où elle vous offre la possibilité de réfléchir et de mûrir vos idées. Copernic n’aurait certainement pas abouti à formuler sa théorie révolutionnaire s’il n’avait pas été patient : il a consacré quarante ans de sa vie pour y arriver.

Conclusion

        En définitive, cet exposé que j’ai eu l’honneur de vous présenter, loin de cerner toutes les questions relatives à ce thème assez vaste, il faut le dire, est pour nous un support pour ouvrir les débats. Il est à retenir cependant que les acteurs de la recherche scientifique et technique ont courageusement fait face à des difficultés pour faire du monde de la science ce qu’il est actuellement. Il s’agit donc pour nous de puiser, dans ce qu’ils ont été, les  fondements essentiels nous permettant d’approfondir nos connaissances. Pour ce faire, cherchons à mieux les connaitre. Cela je le demande particulièrement aux élèves car, demain, vous porterez le flambeau pour transmettre à vos enfants ce savoir durement acquis.

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